Avant l’été, militaires, parlementaires et industriels attendaient beaucoup du plan de relance qui était alors annoncé afin de doper une économie mise à mal par la pandémie de covid-19.

« La relance exige que nous fassions de la dépense publique intelligente. Or le ministère des Armées sait dépenser l’argent public – c’est un atout que nous devons faire valoir – aussi bien dans les grands programmes d’infrastructures que dans le soutien des armées, le fonctionnement des armées et le MCO. La dépense publique, déconcentrée auprès des bases de défense, irriguera immédiatement le tissu économique local et donc national », plaida le général François Lecointre, le chef d’état-major des Armées, devant les députés, dès le mois d’avril.

« L’industrie d’armement, l’industrie spatiale et la part de notre industrie numérique qui revêt des enjeux de souveraineté constituent des canaux efficaces de relance, en ce qu’elles peuvent prendre sans délai des commandes et les exécuter en créant des emplois à très court terme » et par conséquent, « un stimulus budgétaire peut produire des effets de relance très rapides », fit ensuite valoir François Dumas, la présidente de la commission de la Défense, à l’Assemblée, dans un rapport publié en juillet.

Tant au Sénat qu’à l’Assemblée, les parlementaires insistèrent pour soutenir la Base industrielle et technologique de Défense [BITD], via le lancement de nouveaux programmes ou l’accélération de certains actuellement en cours… À l’instar, d’ailleurs, de l’Allemagne, qui venait d’annoncer des investissements d’un montant total de 10 milliards d’euros au profit des forces armées, dans le cadre d’un plan de relance doté de 130 milliards d’euros.

Seulement, les attentes des uns et des autres furent douchées par les annonces faites le 3 septembre. Ainsi, sur les 100 milliards du plan de relance, 30 milliards seront destinés à la transition écologique, 35 milliards financeront des mesures visant à favoriser la compétitivité des entreprise et l’innovation et 35 autres milliards serviront à la cohésion sociale et territoriale.

Cependant, le ministère des Armées n’a pas été totalement oublié puisque le plan parle de 832 millions de « commandes militaires » qui avaient déjà été annoncées en juin, dans le cadre du plan de soutien à la filière aéronautique. Et encore, 600 millions concerneront effectivement les armées [dont l’armée de l’Air & de l’Espace et la Marine nationale], les 232 millions restants étant destinés à la Sécurité civile et à la Gendarmerie.

Lors de son discours de rentrée, le 16 septembre, Florence Parly, la ministre des Armées a évoqué, d’un mot, la déception suscitée par ce plan de relance. « Sans même attendre la Loi de programmation militaire, ndlr], depuis 2017, c’est, si je puis dire, plan de relance de tous les jours », a-t-elle commencé par dire.

« Certains parmi vous ont pu exprimer des regrets, sur notamment l’absence d’équipements militaires dans le plan de relance du gouvernement présenté il y a quelques jours. A ceux-là, je voudrais dire plusieurs choses : nous avons un socle extrêmement solide qui s’appelle la LPM. 110 milliards d’euros injectés dans l’économie entre 2019 et 2023 pour les équipements, les infrastructures, ainsi que le MCO [Maintien en condition opérationnelle, ndlr] : c’est l’équivalent en 5 ans d’un plan de relance pour les seules questions de défense. Et si nous nous projetons jusqu’en 2025, c’est 180 milliards d’euros qui seront consacrés à ces besoins. C’est un effort absolument colossal », a estimé la ministre.

Pour autant, ce plan de relance profitera indirectement au ministère des Armées, continué Mme Parly, en particulier via les mesures prévues au titre de la transition écologique et celles concernant la compétitivité et l’innovation des entreprises.

« Je rappelle que 20 milliards d’euros seront consacrés dans le plan de relance gouvernemental à la baisse des impôts de production : et je le dis, notre tissu industriel en bénéficiera, le ministère des Armées aussi », a ainsi assuré la ministre.

Et d’ajouter : « Et par-dessus-tout, dans ce plan de relance, beaucoup reste à écrire : car de nombreux appels à projets vont être lancés, concernant la rénovation énergétique, l’hydrogène, les aides à l’innovation, les outils numériques, les projets industriels dans les territoires : c’est donc à vous, à nous, de nous mobiliser pour les remporter. »

« Mon mot d’ordre est donc très simple : mobilisation. Et le ministère des Armées est à vos côtés pour préparer ces appels à projets, comme nous l’avons été depuis le début de la crise, grâce notamment à la Task force ‘sauvegarde de la BITD’ que nous avons mise en place », a conclu la ministre sur ce sujet.

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